Yoga et automne : retrouver son équilibre grâce à la respiration

28/10/2026

L'automne s'installe, les journées raccourcissent et notre organisme doit s'adapter à ce changement de rythme. Et si la respiration et le yoga nous aidaient à traverser cette saison plus sereinement ? Sonia Micheletto, professeure de yoga au TUVB, nous invite à découvrir les liens entre le souffle, la posture et notre équilibre intérieur.

L'automne s'installe, les journées raccourcissent et notre organisme doit s'adapter à ce changement de rythme. Et si la respiration et le yoga nous aidaient à traverser cette saison plus sereinement ? Sonia Micheletto, professeure de yoga au TUVB, nous invite à découvrir les liens entre le souffle, la posture et notre équilibre intérieur.

Respirer en automne : réaccorder son corps à la saison

Avec l’arrivée de l’automne, la lumière baisse et nos rythmes s’adaptent. Notre horloge interne se réajuste : la mélatonine augmente pour préparer au repos (ce qui explique nos coups de fatigue en journée), tandis que la sérotonine diminue, affectant parfois notre énergie et modifiant nos appétits. En parallèle, le système nerveux sollicite la circulation sanguine pour maintenir notre température interne face au rafraîchissement extérieur. Face à ces ralentissements et exigences de la saison, comment accompagner le corps en douceur et lui redonner de la vitalité ?

Le souffle : le pont vers notre régulation interne

Notre système nerveux autonome régit tout ce qui échappe à notre volonté : le cœur, la digestion, la température ou la tension. Or, la respiration consciente est l’unique clé nous permettant d’intervenir directement sur cet équilibre. Au fil de nos cycles respiratoires, le cœur dialogue en permanence avec le souffle :

  • À l’inspiration, le rythme cardiaque s’accélère légèrement sous l’action du système sympathique (l’énergie d'action).
  • À l’expiration, le diaphragme remonte et stimule le nerf vague (le système parasympathique), libérant de l'acétylcholine pour ralentir le cœur et installer un apaisement immédiat.

En pratiquant la respiration en carré ou en égalisant la durée des inspirations et des expirations, nous optimisons la variabilité de la fréquence cardiaque. Ce travail régulier offre des bienfaits profonds : baisse du cortisol (l'hormone du stress), augmentation des ondes cérébrales Alpha favorisant une présence calme, et réduction de la pression artérielle au repos.

L’alignement postural : la clé de voûte de la respiration

Pour qu'une régulation nerveuse et immunitaire s'installe durablement, le souffle a besoin d’un soutien : une posture juste et une assise stable.

Sur le plan anatomique, le diaphragme et le nerf vague sont intimement liés. À chaque inspiration, la descente du diaphragme exerce un étirement doux sur les fibres du nerf vague tout en massant les organes de l’abdomen. Ces variations de pression envoient un signal direct de sécurité au cerveau, calmant immédiatement l'activité de l'amygdale (notre centre d'alerte face au stress).

Mais cette belle mécanique dépend entièrement de notre verticalité :

  • Une posture affaissée (dos voûté) effondre la cage thoracique, bloque le diaphragme et rend la respiration superficielle, ce qui maintient le corps dans un état de stress passif.
  • Une posture en sur-extension (côtes projetées vers l'avant) fait perdre le soutien de la sangle abdominale et empêche le diaphragme de descendre naturellement.
  • Un alignement neutre (bassin et cage thoracique empilés) permet au diaphragme de fonctionner comme un piston fluide. Le nerf vague est étiré de façon optimale, diffusant un message continu de calme et de sécurité au système nerveux.

En retour, le cerveau réactive le système parasympathique : la fréquence cardiaque se régule, la digestion s’harmonise et l’esprit s’apaise.

Une pratique vivante, accessible à toutes et tous

C’est précisément ce que nous explorons sur le tapis : les postures (āsana) et le travail du souffle (prāṇāyāma) ne cherchent pas la performance physique, mais viennent rééquilibrer nos systèmes de manière naturelle et durable. Il ne s'agit pas seulement d'un bien-être corporel, mais d'un réel renouvellement dans la circulation de nos pensées.

Penser qu'il faudrait être souple ou calme pour commencer le yoga est une aberration moderne : le yoga est une pratique de présence accessible à chacun, à tout âge. En vous installant sur le tapis, vous n'effectuez pas seulement des mouvements : vous offrez à votre corps les conditions physiologiques exactes pour se réguler et retrouver son équilibre.

Entre corps et esprit : l'éclairage de la philosophie stoïcienne

Cette prise de recul que nous cultivons sur le tapis fait écho à la distinction proposée par Épictète dans son Manuel : "La douleur est subie, mais la souffrance est un choix de l'esprit."

  • Ce qui ne dépend pas de nous : les événements extérieurs, les aléas du corps ou les réactions biologiques face à la douleur.
  • Ce qui dépend de nous : nos interprétations, nos refus et nos jugements, d'où naît bien souvent la souffrance psychologique.

Marc Aurèle, qui vivait lui-même avec de vives douleurs d'estomac et d’arthrite, le résumait ainsi dans ses Pensées (V, 26) :

« Que la partie de ton âme qui gouverne reste impassible aux mouvements du corps, qu'ils soient de plaisir ou de douleur ; qu'elle ne se confonde pas avec eux, mais qu'elle se circonscrive elle-même. »

Prendre un temps pour respirer et bouger en conscience, c'est s'offrir les conditions physiologiques et mentales exactes pour retrouver son centre et traverser les saisons en pleine santé.

Sonia Micheletto, votre professeur de Yoga à TUVB

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